Dans la plupart des conflits conjugaux, une phrase revient avec insistance : « Tu ne m’écoutes pas. »
Souvent, la réponse est tout aussi rapide : « Mais si, je t’écoute. »
Ce dialogue de sourds illustre une confusion fréquente dans les relations de couple : écouter n’est pas considérer.
Comprendre cette différence est fondamental, car elle explique pourquoi tant de partenaires se sentent incompris, invisibles ou émotionnellement seuls, même lorsque la communication semble présente.
Écouter, au sens strict, consiste à recevoir l’information. L’autre parle, et je suis physiquement présent. Je ne coupe pas nécessairement la parole. J’entends les mots. Je peux même être capable de les reformuler.
Dans le couple, l’écoute prend souvent cette forme :
Cette écoute peut être sincère, mais elle reste souvent passive. Elle ne dit rien de l’impact réel de ce qui est entendu. Elle ne garantit ni reconnaissance émotionnelle, ni prise en compte concrète.
C’est pourquoi tant de partenaires disent : « Il/elle m’écoute, mais rien ne change. »
Considérer va beaucoup plus loin que l’écoute. C’est une posture intérieure et relationnelle. Considérer l’autre, c’est reconnaître que ce qu’il vit a une valeur, même si l’on n’est pas d’accord, même si l’on ne partage pas son point de vue.
Considérer implique :
Autrement dit, considérer, c’est laisser une trace. Ce que tu dis me touche, m’affecte, m’oblige à ajuster quelque chose — en moi ou dans notre dynamique.
Dans de nombreux couples, l’un parle pour être considéré, tandis que l’autre écoute en pensant que cela suffit. Le malentendu est profond.
Un partenaire peut dire :
« Je me sens seul(e) quand on ne se touche plus. »
L’autre répond :
« Je t’entends, mais je suis fatigué(e). »
L’écoute est là. La considération, non.
Pourquoi ? Parce que la fatigue devient une fin de non-recevoir. Le message implicite est : « Ce que tu ressens est vrai, mais pas assez important pour influencer quoi que ce soit. »
À long terme, cette dynamique crée du retrait émotionnel, de la résignation, voire du ressentiment.
Un point essentiel mérite d’être clarifié : considérer l’autre ne signifie pas s’effacer, céder ou se forcer. Il ne s’agit pas de dire oui à tout, ni de renier ses limites.
Considérer, c’est pouvoir dire :
La considération ouvre un espace de co-construction. L’écoute seule peut clore la discussion.
L’intimité émotionnelle ne se construit pas sur la multiplication des échanges, mais sur la qualité de la reconnaissance mutuelle.
Se sentir considéré, c’est se sentir :
À l’inverse, être seulement écouté sans être considéré donne l’impression de parler dans le vide. Avec le temps, certains partenaires cessent de parler. D’autres élèvent le ton. D’autres encore se détachent affectivement ou sexuellement.
Dans le quotidien du couple, le passage de l’écoute à la considération peut se traduire par des gestes simples mais puissants :
Ces gestes envoient un message clair : « Tu ne fais pas que parler. Tu comptes. »
Dans un couple, l’écoute est nécessaire, mais elle est insuffisante. Ce qui nourrit le lien, apaise les tensions et soutient le désir de rester engagés l’un envers l’autre, c’est la considération.
Écouter, c’est entendre.
Considérer, c’est reconnaître, intégrer et répondre.
Et pour beaucoup de couples, ce passage marque la différence entre coexister et réellement se rencontrer.
On peut croire qu’écouter devrait être facile, ce qui ne l’est pas pour la majorité des couples. Rajouter la considération est une étape encore plus importante.
Considérer l’autre vient avec mettre potentiellement ces propres besoins de côté et de privilégier celui de l’autre. Cela ne veut pas dire s’oublier comme mentionner plus haut, mais ce n’est pas une tâche aussi facile qu’on puisse se l’imaginer. Si un partenaire veut faire l’amour et l’autre non. On ne pourra pas répondre au désir de l’un de ses partenaires. Ne pas obtenir ce qu’on désire, même si le non désir de l’autre est légitime et exprimé de manière adéquate, cela reste décevant et frustrant.
Il peut aussi avoir l’aspect de son égo. Quand l’autre nomme des insatisfactions, cela renvoie une image moins favorable de nous-même qu’on ne veut possiblement pas entendre encore moins considérer. Même quand une personne parle de « SES » besoins ou utilise des techniques de communication plus adaptées et matures, cela ne garantie pas la réceptivité.
Si j’ai une image plutôt fragile de ma personne et que je n’aime pas qu’on me reflète des lacunes, je risque de mettre davantage sur la défensive plutôt que de considérer. Tandis qu’une personne qui connaît sa valeur et a une bonne confiance va davantage être en mesure de considérer ces points, même si elle peut atteindre une partie de son image.
Il faut donc apprendre à tolérer que tous nos besoins et désirs ne sont pas répondus par notre partenaire et bien gérer cette réalité. Sans que cela nous mène à ne plus considérer et voir pire, même plus écouter. Il faut être en mesure de ne pas réagir quand notre partenaire nous renvoie une image de soi qui n’est pas celle qu’on désire avoir de leur part et plutôt tenté de s’ajuster et s’adapter. Évidemment, notre intégrité reste la fondation du couple et notre réponse pour ne pas s’oublier et s’effacer dans la considération.
Une vie sexuelle épanouissante et plaisante ne se produit pas spontanément…
Elle doit être recréée tout au long de votre relation.